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Trois DSI jugent le SaaS
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Trois DSI jugent le SaaS

by Cloud Guru15 octobre 2012

Les Rencontres DSI organisées par CCM Benchmark, furent l’occasion de faire le point sur la stratégie en mode SaaS de 3 grands groupes, par l’intermédiaire de leurs DSI.
Extraits…

Patrick Hereng (DSI, Total) :

Pour l’heure, le SaaS est positionné comme une brique tactique des systèmes d’information chez Total. L’utilisation de ce type de technologie est qualifiée de « limitée » par Patrick Hereng, DSI du groupe pétrolier. Pour l’heure, une petite partie de la gestion de la relation client de Total repose par exemple sur Salesforce. « Nous étudions la possibilité de généraliser cette solution de CRM au sein de l’activité Lubrifiants », confie Patrick Hereng.(…)
« De plus en plus d’offres logicielles ne sont lancées d’emblée qu’en mode SaaS. Cette tendance du marché nous incite par conséquent, voire nous oblige, à nous orienter progressivement vers ce modèle, en mettant en œuvre des applications SaaS quand cela fait sens », souligne Patrick Hereng.
Selon le DSI, difficile d’affirmer cependant que le SaaS permet une réduction réelle des coûts, notamment considérant l’ensemble des dépenses associées qu’implique ce type de projet – en termes d’accompagnement du changement, d’intégration… « Ces applications sont aussi très standardisées.(…) Mais alors quel est le point fort de ces solutions ? « Il est clair que le SaaS est synonyme de flexibilité et d’agilité du fait de la facilité de mise en œuvre de ces offres », reconnait le DSI.(…)

Comme le DSI de Louis Vuitton, Patrick Hereng salut la qualité de services offertes par les principaux acteurs du SaaS. Des performances permises par les processus d’industrialisation qu’ils mettent en place et les économies d’échelle qu’ils peuvent réaliser. Mais, il n’en pointe pas moins les pannes qui ont pu émailler ces derniers mois certains grands clouds. (…)
Finalement, le DSI estime que le SaaS, et le cloud de manière plus général, n’apportent pas plus de simplification aux systèmes d’information. Comme les Cloud d’infrastructure (IaaS) et de plate-forme (PaaS), les applications en mode SaaS ajoutent en effet un couche supplémentaire de complexité au système d’information de Total. « Nous ne croyons pas au ‘tout SaaS’, mais plutôt à une cohabitation de ces différents modèles »(…)

Franck Le Moal (DSI, Louis Vuitton) :

Pour le DSI de Louis Vuitton, le modèle des applications hébergées en location est notamment intéressant pour les réseaux sociaux d’entreprise. Mais aussi en matière de système de gestion des ressources humaines (SIRH). « Après la période des grands progiciels de gestion RH, type PeopleSoft, nous avons besoin aujourd’hui chez Louis Vuitton d’applications orientées vers la gestion des talents, le référencement des compétences dans les différents pays, mais aussi centrées sur la gestion de carrière et la mobilité interne ainsi que le collaboratif. Le SaaS apporte de vraies réponses dans ces domaines », commente Franck Le Moal.

Louis Vuitton a d’ailleurs opté pour une solution de gestion RH en mode SaaS d’origine américaine (Cornerstone), ciblant notamment les PME du secteur de la distribution. Mais pour Franck Le Moal, les offres SaaS représentent également une rupture intéressante dans la gestion de la relation client. « Nous avons la conviction, que pour une société comme la nôtre positionnée dans la distribution, les offres de CRM en mode SaaS, comme Salesforce par exemple, peuvent apporter une nouvelle valeur ajoutée à nos métiers », pointe Franck Le Moal.
Quant aux principaux apports du SaaS, le DSI les place moins sur le terrain des économies de coûts, une question pour laquelle Franck Le Moal estime ne pas disposer de suffisamment de recul, que sur le front de la flexibilité et l’agilité qu’apporte ce nouveau modèle. Pour Franck Le Moal, le SaaS représente une opportunité de délivrer plus vite des processus métier, en ayant la capacité de mener de front des projets ciblant différentes fonctions de l’entreprise : finance, CRM, marketing, RH… A cela s’ajoute la possibilité pour la DSI d’accompagner plus facilement des zones lointaines à forte croissance comme l’Asie ou l’Amérique Latine, en ayant la capcité de mettre rapidement à disposition des applications.
Le caractère standard des applications SaaS éviterait aussi les projets « tunnel », en contractant les phases de cadrage et d’étude de cas. « Elles nous amènent à fonctionner plutôt dans un logique de projets rapides orientés métiers », analyse Franck Le Moal.  (…)

Face à ces évolutions profondes, la question du retour sur investissement du SaaS prend ainsi une dimension plus complexe. « Alors que les éditeurs mettent en avant des ROI sur trois ans, les choix que nous faisons sont plutôt réalisés pour une période de 5 à 10 ans. Or, le modèle économique du SaaS sur une telle période, en prenant en compte les coûts de pilotage et de maintenance, et pas seulement d’abonnement, n’est pas encore prouvé », insiste le DSI. (…)

Didier Roy (DSI, Manpower) :

Manpower s’est orienté depuis plusieurs années déjà vers l’externalisation d’applications ou de processus métier. Le spécialiste de l’intérim a notamment recours à ADP GSI pour la gestion de la paie, Nautilus pour la gestion des notes de frais. « Nous faisons également appel à une application externalisée pour les achats », ajoute Didier Roy, DSI de Manpower. Tout comme Total, la société utilise aussi l’outil de CRM de Salesforce pour la gestion des forces de vente, mais au niveau mondial cette fois. Pour la messagerie et la messagerie instantanée enfin, Manpower a migré ses systèmes chez Microsoft, (…)
Côté gestion des talents, Manpower fait également appel, tout comme Louis Vuitton, à une solution en mode SaaS (Oracle Taleo). Dans un tout autre domaine, le groupe s’adosse aux services de stockage, de sauvegarde et de puissance à la demande proposés par IBM via ses centres de données français. (…)
Du fait de la concurrence existante sur ce segment, les offres de messagerie en mode SaaS affichent dans le même temps des tarifs « relativement intéressants » qui peuvent justifier le choix de l’externalisation. Lors du lancement de son chantier, il y a trois ans, Manpower avait estimé à 30% les économies susceptibles d’être réalisées en coûts directs dans ce domaine, et ce avec un niveau de service amélioré.

Sur des services SaaS moins standardisés comme c’est le cas dans le CRM, le modèle économique du projet serait plus complexe à établir. « Le choix de Salesforce implique de bien évaluer ses besoins au départ, et ensuite de bien négocier les conditions avec l’éditeur, car une fois le contrat signé le service pourra coûter très cher si les volumétries ont été mal estimées », prévient Didier Roy. (…)

Pour en savoir plus :
> l’article complet du JDN

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