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R2I : Révolution Industrielle Informatique [2] : les infrastructures
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R2I : Révolution Industrielle Informatique [2] : les infrastructures

by Cloud Guru18 avril 2013

Dans la première partie de cette analyse, j’ai posé les bases de la R2I, Révolution Industrielle informatique.

C’est dans le domaine des infrastructures que cette R2I est la plus avancée, c’est aussi dans ce domaine que les bénéfices seront les plus faciles à quantifier.
Comment va se présenter cette R2I, dans les trois composants principaux d’une infrastructure informatique, les serveurs, les postes de travail et les réseaux ?

Serveurs

Depuis 2007, l’expression Cloud Computing est sur toutes les lèvres, mais le vrai Cloud, le Cloud public, a vu apparaître à ses côtés des cousins germains, pas toujours « légitimes » : les Cloud privés, communautaires, nationaux, hybrides… On fera bientôt concurrence à la variété des familles de nuages… en météo !

Cloud privé : nouveau nom des centres de calculs traditionnels

Il y a dans chaque pays une dizaine de très grandes organisations qui ont les moyens de transformer leurs centres de calcul traditionnels en véritable Cloud privé.

C’est le cas de la banque JPMorgan Chase qui investit 500 millions de dollars dans un nouveau centre de calcul privé. C’est le ticket d’entrée si l’on veut jouer dans la cour des grands et proposer des solutions privées industrielles, qui permettent :

  • De facturer les services à l’heure.
  • De pouvoir faire varier de 1 à 10 000 le nombre de serveurs affectés à une tâche.
  • De garantir une redondance très forte et des SLA (Niveau de garantie de services) supérieurs à 99,99 %.

article3_1Pour l’immense majorité des entreprises il suffit de remplacer, sur la façade de leur centre de calcul, l’expression « Centre de calcul » par « Cloud privé » et le tour sera joué.

Cloud Communautaire : une voie d’avenir, métier par métier

Un Cloud communautaire, c’est une infrastructure partagée par plusieurs organisations du même secteur d’activité, pour héberger une application métier commune et qui n’est pas un élément majeur de différentiation ou de compétitivité.

Visa dans le domaine bancaire, Amadeus dans celui du transport sont de bons exemples de clouds communautaires.

Ce mouvement « communautaire » devrait s’amplifier et de nombreux secteurs d’activités, hôpitaux, Conseils Généraux ou Régionaux, CCI… pourraient choisir cette voie, raisonnable, rentable et rapide, d’industrialisation de leurs applications métiers communes.

Cloud Public : l’essentiel de l’énergie informatique produite, demain

Un Cloud public, c’est un ensemble de serveurs gérés par de grands industriels qui mettent ces ressources à la disposition de clients qui achètent de l’énergie informatique en ne payant que ce qu’ils consomment.

Amazon avec AWS, Amazon Web Services, est, depuis 2006, le numéro 1 sur ce marché.

Microsoft avec Azure, HP et IBM, les grands fournisseurs historiques de serveurs ont réagi et proposent maintenant des clouds publics ; ils sont les “challengers” des nouveaux entrants !

Les entreprises clientes qui ont compris les principes de l’industrialisation des serveurs et les avantages de cette démarche vont :

  • Entreprises petites et moyennes : acheter toute leur énergie informatique à des fournisseurs industriels de Clouds publics.
  • Grandes organisations : acheter l’essentiel de leur énergie informatique à des fournisseurs industriels de Clouds publics. Elles auront encore besoin, pendant quelques années, de garder des serveurs dans leurs centres de calculs privés ou chez des hébergeurs traditionnels pour faire fonctionner des applications historiques.
  • Utiliser de plus en plus de Clouds communautaires par industrie, pour mutualiser leurs applications métiers industrialisables.
  • Passer d’une démarche d’investissements (CAPEX) à une logique de coûts de fonctionnement (OPEX), en étant certaines d’avoir à tout instant toutes les ressources nécessaires, et seulement celles là.

Postes de travail

PC, smartphones, tablettes… Les outils que l’on achète sont déjà de qualité industrielle, fabriqués à des millions d’exemplaires et proposent tous les jours des performances en hausse, des coûts en baisse.
L’industrialisation reste donc à faire… au sein les entreprises, dans la gestion de ces postes de travail.

Le coût du « bricolage actuel »

Les calculs du TCO (Total Cost of Ownership) des PC Windows historiques, réalisés par le Gartner Group, annoncent un coût minimum de 3 000 € par an, 9000 € sur 3 ans.

Si l’on fait l’hypothèse que les coûts directs d’un PC portable Windows sont de 1000 $ à l’achat et de 500 € pour les coûts d’usage sur 3 ans, on arrive à un coût de 1 500 € sur trois ans.

Coûts indirects = 9 000 – 1500 = 7500 €, soit 5 fois les coûts directs.

Les potentiels de gains, liés à une industrialisation des postes de travail sont “intéressants”.

Je vous propose un objectif raisonnable : des coûts indirects égaux aux coûts directs, soit un coût sur 3 ans de 3 000 € = potentiel de gain de 6 000 € par PC sur 3 ans.

Quelles sont les pistes principales qui permettent cette industrialisation :

  • Abandon du mythe d’un « master PC Windows unique » comme seule solution pour équiper tout le monde.
  • Privilégier une grande variété de solutions, en donnant à chaque utilisateur un poste de travail adapté à ses besoins : PC portable, tablette, smartphone…
  • Utiliser en priorité des CCD, Cloud Connected Devices, postes de travail que l’on utilise uniquement avec un navigateur moderne.
  • Promouvoir des démarches BYOD (Bring Your Own Device), qui font confiance aux utilisateurs.

L’industrialisation du management des postes de travail est l’une des pistes majeures de réduction des coûts de l’informatique, surtout dans les grandes organisations.

Avec les hypothèses que j’ai formulées, réduction du coût de 6 000 € sur 3 ans, une entreprise qui possède 10 000 PC peut espérer une réduction de ses coûts informatiques de 6 k€ x 10 000 = 60 M€.

Un beau challenge, mais réaliste si on change en profondeur sa vision de ce que sera un poste de travail à l’horizon 2015.

Réseaux

Comme pour les postes de travail, l’offre de réseaux est déjà industrielle, les usages le sont… un peu moins!

article3_2Cette industrialisation est une réalité dans le monde des réseaux mobiles, 3G, 4G ou Wi-Fi. Il y a aujourd’hui plus de 6 milliards d’abonnements mobiles dans le monde et des dizaines de millions de hotspots Wi-Fi sont disponibles, le plus souvent gratuitement.

Industrialisation des réseaux d’accès

Quelles sont les pistes qui permettent, aujourd’hui, d’industrialiser les usages des réseaux par les collaborateurs de vos entreprises, en améliorant la qualité, la vitesse, la disponibilité, la sécurité tout en réduisant les coûts ?

Et si la meilleure démarche d’industrialiser les réseaux d’entreprise consistait à les réduire à leur plus simple expression ?

Que se passerait-il si la majorité de vos collaborateurs pouvaient se connecter, au bureau, comme ils le font… en dehors de leur bureau ?

Rappel :

  • Nous sommes dans un contexte où la variété des objets d’accès est la norme, où plus de 80 % de ces objets sont mobiles et ne peuvent pas se connecter à un réseau filaire.
  • Nous sommes dans un monde où la majorité des applications sont accessibles depuis un navigateur et hébergées en priorité sur des Clouds publics.

Au bureau, comme… chez soi

Domicile, hôtel, aéroports, cafés, salles de congrès… tous ces lieux sont maintenant devenus des hotspots Wi-Fi.

Demain, le bureau ne sera plus qu’un endroit parmi des dizaines d’autres, où l’on peut aussi se connecter au système d’information de son entreprise !

Pour les utilisateurs, cette démarche deviendra très vite naturelle ; tous leurs accès au S.I. seront identiques, indépendamment du lieu où ils se trouvent. Ils pourront utiliser les mêmes outils, les mêmes navigateurs, les mêmes règles de sécurité, partout dans le monde.

Les coûts

article3_3En plus du Wi-Fi, chaque collaborateur en mobilité disposera d’un accès 3G+ ou LTE-4G demain, mais…d’un seul. Tous les smartphones modernes sont capables de se transformer en « routeur Wi-Fi » pour d’autres smartphones, tablettes ou PC portables.

Résumé :

Demain l’essentiel des accès aux applications (SaaS) de l’entreprise se feront par des réseaux mobiles 3G+, 4G et Wi-Fi.

La majorité des utilisateurs auront les mêmes accès quel que soit le lieu où il se trouve, en totale « transparence ».

La qualité et la sécurité « industrielles » de ces accès seront garanties, car les utilisateurs n’auront plus à gérer des contextes différents.

Des infrastructures informatiques industrielles

Des réseaux économiques et disponibles partout, des serveurs à la fiabilité exceptionnelle, des postes de travail robustes, pérennes et variés…. non ce n’est pas un rêve !

C’est, aujourd’hui, la réalité des infrastructures R2I des entreprises innovantes.

Ce sera, demain, la norme pour toutes les entreprises, quels que soient leur taille, leur secteur d’activité ou leur pays.

Louis Naugès
Depuis plus de 30 ans, Louis Naugès aide les entreprises à mettre en œuvre les solutions innovantes du monde de l’informatique.
Avec Revevol, créé en 2007 et présent dans plus de 10 pays, il accompagne les entreprises dans leur migration vers le Cloud Computing, les solutions SaaS, Software as a Service, prise en compte de la mobilité et des attentes des «digital natifs». Il est le père du concept de R2I, Révolution Industrielle Informatique, la plus profonde mutation que le monde de l’informatique ai jamais connu.

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Cloud Guru

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