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L’expérience d’ARTE dans le Cloud
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L’expérience d’ARTE dans le Cloud

by Cloud Guru2 juillet 2012

 

Le MAG IT interroge le DSI d’ARTE, Robert Eusebe, pionnier dans l’utilisation du cloud. Extraits :

LeMagIT : La chaine Arte a-t-elle été pionnière sur le Cloud ?
Robert Eusebe : Le terme Cloud est relativement récent – trois ou quatre ans-  mais les principes du Cloud, et probablement son existence, sont bien plus anciens. Avec nos premiers développements internet, nous avons sollicité des prestataires que nous appelions hébergeurs, et commencé à poser les premières briques du Cloud. Les premiers sites web d’Arte ont toujours été hébergés, parce que la qualité de service et la disponibilité 24 heures / 7 jours sur 7 nous obligeaient à passer par un prestataire. Nous étions dans les années 1995/98.
(…)

LeMagIT : Est-il est pertinent de dire « grâce au Cloud, on a réalisé des économies » ?
R.E : Directement et indirectement, oui. Le premier effet, ce sont des coûts  ajustés à la consommation. Plus question de sur-dimensionner une infrastructure en fonction d’un pic de charge maximale. Ça, c’est clair.
Mais il existe d’autres effets plus indirects. Nous venons, par exemple, d’opter pour une messagerie postée sur le Cloud. Les conséquences ? Nous avons optimisé la qualité de service mais en plus, nos équipes d’exploitation ont gagné en disponibilité et passent à autre chose.
(…)

LeMagIT : Les appréhensions des DSI concernant le cloud – sécurité, réversibilité des applications, notamment – se sont-elles atténuées ?
R.E : Au sens large, les problèmes envisagés concernent principalement la disponibilité des données et leur sécurité, donc la maîtrise du fournisseur sur leur confidentialité.  La question de la réversibilité est également essentielle : à tout moment nous devons être en mesure de changer de prestataire.
(…) nous avons appréhendé les contrats juridiques, les contrats de service, avec le prestataire, commencé à imaginer les tableaux de bord de pilotage et de gestion des applications. Dans cette démarche, nous n’avons encore abordé que des problèmes simples : des exigences en termes de disponibilité, pas de notion de confidentialité et à ce stade, nous avions toujours la capacité à changer de fournisseur très rapidement, puisque, nos données étaient toujours construites en interne. (…)

LeMagIT : Comment est organisé le Cloud chez Arte ? Cloud privé et Cloud public ? Vous jouez avec ces notions-là ou du moins avec ces organisations-là, ou pas ?
R.E : Nous avons avancé dans les deux dimensions. Pour la partie Cloud public, l’hébergement en externe de nos sites est une affaire entendue depuis longtemps. Pour des services plus complexes, il nous faut réfléchir à l’installation d’environnements interopérables et facilement déplaçables. En gros, il faut donc penser virtualisation. La virtualisation, nous l’avons mise en œuvre assez vite également – nous avons d‘ailleurs été un des premiers clients VMWare en France.

LeMagIT : Qui dit Cloud dit SaaS et c’est souvent la tentation pour les directions opérationnelles de faire leur marché applications toutes seules
R.E : Ça, c’est vraiment un problème de gouvernance de l’entreprise, et c’est une question qui remonte à la Direction générale. Je ne dis pas qu’il ne nous arrive plus de découvrir encore quelque petites choses par-ci, par là mais chez nous, il est clair que l’architecture du système d’information est quelque chose de cruciale pour la bonne marche de l’entreprise (simplification des processus, productivité des directions métiers, qualité des données) et qu’il convient de confier cette responsabilité à une entité ; la DSI. A partir de là, il revient à ce DSI d’effectuer ces choix, et quiconque installe des dispositifs un peu « en perruque », se place en dehors du cadre.
Le Cloud a d’ailleurs permis d’accélérer cette prise de conscience : il devient aujourd’hui beaucoup plus facile d’aller chercher des services et de mettre en œuvre des dispositifs rapidement.

LeMagIT : Avez-vous un avis sur le Cloud « souverain », la construction du cloud français dont l’avènement semble assez problématique ?
R.E : Il est grand temps que des acteurs nationaux et européens puissent nous offrir des alternatives, à nous, entreprises, par rapport à tous les grands acteurs, aujourd’hui plutôt américains. De mon point de vue, cette absence dans le paysage économique français et européen est dramatique. Ce projet devrait être porté au niveau continental, comme un des pôles de développement prioritaire. (…)

Pour en savoir plus :
> l’article du Mag IT

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