Now Reading
Les ambitions de Numergy et Cloudwatt
0

Les ambitions de Numergy et Cloudwatt

by Cloud Guru23 novembre 2012

 

La conférence Partner VIP a organisé le 20 novembre à Paris La Défense une plénière de clôture sur les enjeux du Cloud dit « souverain ». Les présidents de Numergy et Cloudwatt, les deux nouveaux consortiums français opérant dans ce domaine, étaient présents avec certains de leurs actionnaires et concurrents. On sait désormais qu’ils ne se cantonnent ni au secteur public, ni même à la France, et qu’Amazon ou Google sont dans leurs collimateurs. Mais ont-il les moyens de leurs ambitions ?

L’animateur de cette session, Frédéric Simottel, le directeur des rédactions du Groupe 01, a porté rapidement le débat relatif au Cloud public dit « souverain » sur le terrain financier. Et sans surprise, Philippe Tavernier, le président du consortium Numergy, et Patrick Starck, son homologue chez Cloudwatt, ont justifié l’utilisation massive de l’argent du contribuable français pour financer leurs projets de Cloud public « souverain » respectifs. « Le Numérique est l’un des moteurs de l’économie moderne, l’Etat doit donc se donner les moyens d’accompagner les acteurs qui mettent en œuvre des solutions Cloud industrielles et commercialisées en volume, raison pour laquelle le Gouvernement a investi dans nos deux consortiums », a déclaré d’emblée Philippe Tavernier. Une position que Fleur Pellerin, notre ministre en charge des PME et de l’Economie Numérique, avait décrit en détail dès septembre.

La « ligne Maginot » du Cloud à la française

Rappelons que la notion de « souveraineté » économique, chère à ces deux acteurs du Cloud Computing, a été remise au goût du jour par la crise mondiale actuelle. En France, elle a pris corps suite à la création en 2011 d’un fond d’investissements stratégiques « souverains » née de la volonté de l’Etat Providence de soutenir financièrement des acteurs industriels qu’il considère comme stratégiques pour son Economie. Afin d’éviter notamment que certains d’entre eux passent sous pavillon étranger. Dans le secteur du Cloud, les acteurs qui bénéficient de son aide substantielle – Numergy et Cloudwatt par exemple – s’engagent en retour à héberger ses données publiques dans un « nuage » (privé ?) sécurisé, opéré uniquement par des acteurs à capitaux français dans des serveurs basés seulement dans l’Hexagone. Mais pas seulement, on le verra ensuite.

C’est notre « ligne Maginot » virtuelle du Cloud à la française. Elle répond à la domination – souvent jugée hégémonique par les pouvoirs publics dans l’Hexagone – des leaders mondiaux du Cloud public, lesquels sont surtout des acteurs privés américains, tels qu’Amazon ou Google par exemple. Ce que reconnaît Philippe Tavernier, car Numergy se présente volontiers comme leur principal concurrent sérieux en France : « Nous apportons une offre complémentaire au marché sur le territoire national, car il est vrai que nous garantissons la présence des données sur le sol français, contrairement à des concurrents majoritairement anglo-saxons ».

Lui et son concurrent brandissent d’ailleurs le « Patriot Act » comme une menace pour les sociétés françaises hébergeant leurs données dans le Cloud. Car cette loi américaine de 2001 oblige les hébergeurs d’origine américaine à mettre les données de leurs clients à la disposition de la justice en cas de besoin, même quand celles-ci sont hébergées à l’étranger. Or, après renseignement, tous les Etats disposent d’un tel arsenal juridique dès qu’il est question d’atteinte à leur « souveraineté » nationale…

Un terrain de chasse tous azimuts…

Très dense en termes d’informations, cette conférence a aussi permis de confirmer qu’aucun de ces deux nouveaux consortiums n’avait l’intention de se cantonner au seul secteur public, ou à sa mission d’opérateur de Cloud « souverain ». A l’instar de son concurrent Cloudwatt, Numergy adressera aussi les PME, et donc chassera sur les plates-bandes des opérateurs privés du Cloud, qu’ils soient français ou étrangers, comme l’a confirmé son président : « Notre vocation est d’être un fournisseur d’énergie Cloud (public) bon marché, et pas uniquement dans le secteur public. J’ajoute que nous n’avons pas reçu dans notre corbeille de naissance tous les ministères en dotation, car je rappelle que ceux-ci sont tenus de passer des appels d’offres ». Conscient de cette nouvelle concurrence sur les grands comptes du secteur public français, l’un de ses terrains de chasse privilégiés, IBM, qui était également présent lors de cette conférence, a annoncé en octobre l’ouverture d’un important data center à Montpellier.

Soulignons aussi que les terrains de chasse de ces deux consortiums sont beaucoup plus larges que la France en réalité et qu’ils se recoupent. Numergy et Cloudwatt ont confirmé lors de cette conférence leur volonté de concurrencer – directement ou indirectement – les leaders mondiaux du Cloud public, les Américains Amazon et Google notamment. « Notre vocation est européenne », a martelé Philippe Tavernier. Et Patrick Starck, son homologue de Cloudwatt, de surenchérir : « Heureusement que nous n’avons pas de marché captif et privilégié, car quand il n’y a pas de mise en concurrence, on sait où cela mène en France ». Au succès franco-français du tristement fameux Plan Calcul, ou de feu le Minitel, deux projets IT largement financés par des fonds publics ? […]

Pour en savoir plus :
> l’article de Channel Business Partners

{lang: 'fr'}
About The Author
Cloud Guru

Vous souhaitez réagir sur cet article ?