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Comme un iceberg…
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Comme un iceberg…

by Cloud Guru11 décembre 2013

Comme pour un iceberg, le système d’information d’une entreprise a une partie visible et une partie immergée.
La partie visible sont les services exposés à ses clients ou ses partenaires, nous l’appelleront le « front ». Selon les cas il peut s’agir d’un site web, d’une application mobile, d’API publiques, de données (sur support physique ou numérique), etc. Ou de  tout cela à la fois.
La partie immergée est constituée des outils qui supportent les processus métier de l’entreprise, nous l’appelleront le « back ». Une des finalités du back étant de permettre la délivrance des services front.

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En tout état de cause, ce qu’une entreprise gère en back est infiniment plus complexe que ce que l’on en voit en front. L’intelligence que l’on met dans les services front n’est qu’un sous ensemble de l’intelligence, plus globale et plus complexe, de l’entreprise.
Si l’on raisonne d’un point de vue métier, il n’y a pas de frontière entre le front et le back. Comme pour l’iceberg c’est un tout. En revanche, les priorités informatiques ne sont pas les mêmes.

Du beau et du fonctionnel…

Le front est le domaine du « simple » et du « beau » : il doit être attractif pour un utilisateur non averti, qui doit pouvoir y faire ce qui est nécessaire de manière fluide, ergonomique et efficace, lui donner envie de revenir, lui masquer les complexités des métiers sous jacents en un mot lui offrir l’expérience utilisateur idéale.
Le back est avant tout le domaine du « fonctionnel » : il doit exposer à des utilisateurs avertis, la possibilité d’exercer les métiers dans toutes leurs complexités, leurs subtilités et leurs richesses. Le simple et le beau n’en sont certes pas absents, mais on est avant tout dans le domaine de l’efficace. Il faut être capable d’accompagner l’émergence et la croissance de nouveaux besoins métier dans des délais et des charges compatibles avec les enjeux concurrentiels et stratégiques de l’entreprise.

Connaitre et maitriser les frontières

Trop souvent les débats informatiques mélangent les enjeux du front et du back au risque de faire perdre l’agilité globale de l’entreprise.
Appliquer les recettes et affecter les équipes IT du back au front est une aberration, car la créativité esthétique ne doit pas être contrainte par les processus industriels légitimes en back mais contraire aux enjeux du front.

De la même manière, vouloir retrouver dans le back l’agilité extrême du front ou vouloir impliquer les équipes front aux problématiques du back aboutira, là aussi, dans des impasses contre-productives.
Dès lors, il faut savoir bien situer la frontière informatique entre front et back. Le métier, y compris la partie qui est exposé en front, est à implémenter dans le back. Le front idéal doit se borner à de la mise en forme. Le niveau d’intelligence métier qui doit être (ré)implémentée dans le front doit être limitée au maximum car toute intelligence finit forcément par s’enrichir et s’interconnecter avec les autres intelligences de l’entreprise.
L’énergie en front doit être majoritairement dédiée à l’esthétique, à l’ergonomie, au sur mesure (sans négliger bien entendu les aspects sécuritaires, ceux-ci s’appuyant de toute façon aussi sur du back).
L’énergie en back doit être majoritairement dédiée à l’intelligence métier (données métier, règles métier, gestion de processus métier, règles d’habilitations, reporting analytique et décisionnel). Et cette intelligence métier est une combinaison collaborative d’intelligences « sur étagère » (pour les métiers  génériques que l’entreprise exerce sans valeur ajoutée propre) et d’intelligence « spécifique » (pour les métiers que l’entreprise exerce de manière unique, ce qui soit dit en passant, constitue ce qui fait son patrimoine concurrentiel).

L’agilité à tous les étages

Une entreprise moderne a besoin d’agilité opérationnelle globale. Mieux on aura établi la frontière entre le front et le back, mieux on aura choisi les outils front et back, plus cette agilité sera effective à la fois en front et en back tout en respectant les bonnes pratiques des deux domaines.
L’agilité du front est l’initiateur et, in fine, le bénéficiaire de l’agilité du back :  si c’est en front qu’on identifie les nouveaux besoins, ceux-ci étant du métier ils doivent avant tout être mis en place dans le back afin d’être mis à disposition du front.
Mettre de l’agilité dans le front sans en avoir dans le back est source de frustration pour les équipes du front et pour les métiers dont le front est souvent, à juste titre, la préoccupation première. Mais cela ne signifie pas que l’agilité du back doit se calquer sur l’agilité du front. Une agilité de processus n’est pas une agilité de présentation.

Des solutions agiles adaptées à leur contexte et leurs enjeux

Une entreprise doit donc savoir identifier les briques front et back répondant aux enjeux stratégiques de chacun de ses métiers et constituer son système d’information comme une agrégation collaborative et parfaitement délimitée de ces briques.
Parmi ces briques, il en est deux types qui se doivent de garantir en permanence souplesse et agilité :

  • Les briques du front, bien sûr, ce qui est d’autant plus simple si on les circonscrit bien à un strict rôle de mise en forme.
  • Les briques du back qui portent les activités et processus métier sur lesquelles l’entreprise se différencie de ses concurrents et/ou sur lesquelles l’entreprise va subir le plus de pression concurrentielle et va devoir en permanence se réinventer.

Pour le reste, des briques « verticales » du marché sélectionnés avant tout pour leur adéquation aux processus de l’entreprise mais surtout pour leur capacité à échanger avec les autres briques et/ou à s’intégrer dans des outils de gestion de processus transverses feront l’affaire.

Ne pas perdre de vue le bon sens dans la transition vers le cloud

article1_2La plus grosse erreur informatique que peut faire une entreprise est donc de ne pas savoir identifier les activités qui portent leur différence et leur unicité, et de ne pas choisir, en support de ces activités, des briques souples et agiles, pragmatiques mais aussi robustes et « scalables ».
C’était vrai dans l’informatique traditionnelle où un bon système d’information alliait des progiciels à des solutions sur mesure mais ce serait une autre erreur de penser que l’informatique de demain qui s’épanouira dans le Cloud changera ce principe.
En effet si l’on se projette dans un monde où l’informatique d’entreprise aura totalement migré vers le Cloud on retrouvera :

  • Des solutions sur mesure orientées sur de la créativité esthétique pour le front, ces solutions étant basées sur des plateformes de développement (PaaS)
  • Des solutions SaaS sur étagère pour répondre aux besoins non différentiant du back (voire front dans certains cas très particuliers) de l’entreprise
  • Des solutions sur mesure orientées sur l’agilité métier pour les besoins back différentiants, ces solutions étant basées sur des plateformes orientées application (aPaaS  ou business PaaS)
  • Des solutions transverses de « glue » pour agréger l’ensemble : solutions de workflow Cloud pour la gestion des processus transverses et plateforme big data pour les besoins transverses du décisionnel d’entreprise

La transition vers le Cloud d’entreprise va être une révolution technologique et organisationnelle majeure dans le monde de l’IT.
Il serait illusoire de penser que cela devrait remettre en cause le bon sens des professionnels de l’IT qui sont et restent au service des enjeux stratégiques de l’entreprise.

David Azoulay
David est en charge de l’évangélisation sur la plateforme Simplicité(R) et du développement des partenariats stratégiques pour Simplicité Software. David participe aussi activement à la R&D produit.
Son parcours professionnel en SSII et en cabinets de conseil sont à la source de sa réflexion sur ce que devrait être la plateforme logicielle idéale au service des enjeux des métiers.

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Cloud Guru

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