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Né en SaaS ou pas
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Né en SaaS ou pas

by Cloud Guru8 octobre 2013

Mettant de côté les éditeurs majeurs – dont fait partie IBM – qui ont la capacité de recherche & développement pour investir dans le SaaS et qui sont même à l’origine du marché du Cloud Computing, il est important de préciser que dans la suite de mes propos les « éditeurs traditionnels » sont définis comme les éditeurs de petite et de moyenne taille ayant démarré leurs activités et structuré leur organisation autour de la vente de licences, de maintenance annuelle et de services.

article1_1Un éditeur traditionnel, qui a industrialisé ses processus autour d’un tel modèle économique, rencontre aujourd’hui des difficultés à s’adapter, à innover et à proposer un socle applicatif ouvert pour proposer ses logiciels en mode SaaS.

Un tel éditeur habitué à bénéficier de revenus dès la vente avec les licences et le service, n’a jamais été obligé de faire des efforts, ensuite, pour faire évoluer fortement ses logiciels. En effet, une fois qu’un client est acquis, comme ce dernier a investi au démarrage, il se sent contraint de rester plusieurs années pour amortir cette dépense sans réel pouvoir sur l’éditeur.

Le SaaS change la donne.

Ce qui bouscule aujourd’hui les éditeurs traditionnels, ce sont les éditeurs qui se sont construits nativement autour d’offres SaaS. Devenus matures et proposant des solutions fonctionnellement équivalentes avec beaucoup plus de convivialité, d’intuition et d’évolutivité, ces éditeurs SaaS doivent constamment être à l’écoute de leurs clients pour les garder. L’innovation et le service rendu sont donc leurs leitmotivs. Les clients d’une offre applicative SaaS ne sont pas contraints à un engagement et leur dépense est progressive, leur permettant ainsi de sortir de l’offre assez facilement si elle n’est plus à la hauteur de leurs attentes.

Un éditeur SaaS propose un « service applicatif qui s’adapte» à ses clients qui le « consomment », et on est donc loin de la vente traditionnelle (licences + services en plus) faisant du logiciel un consommable jetable et non recyclable car peu évolutif.

Les offres SaaS d’un éditeur traditionnel peuvent être trompeuses.

Le SaaS n’est pas simplement un marché sur lequel il suffit de se positionner à grand renfort d’actions marketing pour être reconnu, c’est un modèle d’entreprise différent tourné vers les attentes des entreprises utilisatrices.

Faire du SaaS demande une réelle organisation d’entreprise et une réelle maîtrise technique pour proposer des applications performantes et sécurisées à travers l’Internet, à travers le Cloud.

Un éditeur traditionnel doit presque renaître une seconde fois avec les investissements de R&D qui vont avec pour se réorganiser et proposer des applications SaaS valables.

Demain, les éditeurs traditionnels attirés par les parts de marché du SaaS, qui n’auront pas investi massivement pour refondre leur organisation et adapter leurs logiciels au SaaS, auront évidemment toujours quelques ventes des licences, de maintenance et de services pour payer les salaires, mais beaucoup moins qu’avant. Quand une entreprise stagne ou ralentie,  elle décline et finit par mourir, car la concurrence continue d’avancer et de nouveaux acteurs émergent.

Né SaaS pour concurrencer la vente de licences.

Les éditeurs de l’avenir ne seraient-ils pas ceux qui feraient la route inverse des éditeurs traditionnels qui tentent d’aller vers le SaaS ?

Imaginez un éditeur qui aurait donc nativement construit son organisation, sa recherche & développement et ses offres commerciales et services pour le SaaS. Cet éditeur aura donc créé des produits à forte valeur ajoutée, riches fonctionnellement et optimisés pour chaque besoin concret d’une entreprise, avec une haute performance et disponibilité dans son utilisation, et autour desquels les services sont de haut niveau (réactivité, écoute, support,..).

Cet éditeur qui s’est forgé autour d’une exigence et d’une rigueur forte afin de conserver ses clients pourrait maintenant décider de proposer à son tour une offre dite « traditionnelle » en vente de licences.

Mais quel en serait l’intérêt ? Deux réponses.

Premièrement, pour adresser les entreprises qui souhaitent conserver leurs données en interne. Il n’y a pas de raison que ces entreprises ne puissent pas bénéficier de la qualité, de la modernité et du service clé en main proposé par un éditeur venant du SaaS.

Deuxièmement, pour faire vivre et dynamiser le marché de l’édition de logiciels dans son ensemble.

L’avenir donnera peut-être du crédit à ce propos en validant le fait qu’un éditeur SaaS peut proposer une offre « on-premise » reconnue.

Antoine Fougnies
Co-fondateur et président de Veryswing (éditeur de VSActivity), expert en ERP et en Business Intelligence, Antoine a créé et géré des sociétés de services et des cabinets de conseils durant plusieurs années, avant de se tourner vers l’édition de logiciels de gestion nativement conçus pour le SaaS.

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Cloud Guru

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