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En 2014, le Cloud à l’origine d’une nouvelle fracture numérique ?
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En 2014, le Cloud à l’origine d’une nouvelle fracture numérique ?

by Laurent Hercé13 janvier 2014

 

 

IBM vient d’annoncer un investissement très important dans l’informatique cognitive : près d’un milliard. Son super ordinateur Watson permet déjà des performances étonnantes, telles que battre des candidats humains dans les jeux télévisés (Jeopardy, USA). Cette puissance sera désormais accessible en mode Cloud, à la demande, pour les entreprises ou scientifiques souhaitant utiliser ses capacités cognitives hors du commun.
Au premier abord, c’est une avancée, que personne ne contestera. Tout comme l’est le Cloud, avec la possibilité offerte aux PMEs d’accéder à de la puissance de calcul, à des applications, à des ressources et infrastructures qui n’auraient pas été à leur portée il y a quelques mois à peine.
Un facteur d’égalité donc, qui permet de penser qu’une PME est aujourd’hui mieux armée que jamais pour lutter d’égale à égale avec les grands comptes et les multinationales. Les mêmes outils, les mêmes infrastructures, la même souplesse, un impact limité sur bilan.

Tout pourrait sembler pour le mieux dans le meilleur des mondes. Sauf que…

L’annonce d’IBM, et cette récente mise à disposition de son « Watson », illustre les paradoxes qui peuvent se cacher derrière la notion de Cloud et de « OnDemand ».
De la même façon que le phénomène Big Data l’illustre déjà, en promettant de traiter des quantités énormes de données.

Car si l’on y regarde de plus près, qui va avoir accès à ces données ? Qui en dispose, ou qui peut les acheter ? Qui aura les moyens d’accéder à cette informatique cognitive qui permet (sous réserve de faire ses preuves) de prendre les meilleures décisions en un temps record ?

Si l’information est le pétrole du 21ème siècle, l’exploiter, la traiter et en extraire de la plus value est le business le plus prometteur de ces prochaines années. Jusqu’ici, l’étudiant africain surdoué qui travaille sur son écran pouvait espérer lutter à armes égales avec le magnat de Wall Street : un cerveau contre un cerveau, circonvolutions contre circonvolutions. Mais demain ?

Sur le seul marché de la finance, le plus lucratif de notre nouvelle ère, disposer d’une puissance cognitive quasi illimitée, à la demande, c’est s’assurer d’une supériorité presque certaine.
Ne risque-t-on pas, dès lors, de mettre en place un cercle économique infernal qui se résumerait ainsi : je dispose des informations et de la puissance cognitive, qui me permettent de… tirer des plus value importantes, qui me permettent de… disposer d’encore plus d’informations et de puissance cognitive, qui me permettent de… tirer des plus values plus importantes, qui me permettent de… disposer d’informations essentielles et de plus de puissance cognitives…

Comment entrera-t-on dans ce cercle, lorsque l’on est PME, Start-Up ou même une nation sans grandes ressources financières ? Telle sera la question.

Laurent Hercé,
Marketor / SaaS Guru

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Laurent Hercé
Laurent Hercé
Laurent Hercé est consultant associé pour Marketor / SaaS Guru. Il intervient dans les domaines du Cloud computing, du SaaS et des Ressources Humaines, et publie régulièrement des articles sur ces thèmes.

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