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Cloud 2015 : les 3 prédictions de Loïc Simon
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Cloud 2015 : les 3 prédictions de Loïc Simon

by Loïc SIMON6 janvier 2015

Cela fait maintenant plus de 10 ans que je suis l’évolution…

  • du SaaS… et de son cousin dégénéré, le « SaaS Canada Dry« 
  • puis du Cloud… en passant par le « Cloud Bashing » et le « Cloud Washing »…
  • et surtout, des acteurs de l’écosystème IT qui s’engagent dans la « transformation numérique » de leurs métiers, souvent en se mordant les doigts (d’où le terme « digital » que certains emploient!).

Cette année, j’ai bien compris la règle de 3 popularisée par Ginni Rometty d’IBM.

J’ai donc choisi de partager mes 3 prédictions 2015 pour l’écosystème Cloud:

  1. Le vrai Coming Out Cloud des Vendors entraîne le Channel vers le Cloud!
  2. Les MSP sont dans l’oeil du cyclone Cloud!
  3. Les titans du Cloud se battent à mort pour attirer les Développeurs!

Prédiction #1: Le vrai Coming Out Cloud des Vendors entraîne le Channel!

Cela fait des années que je prédis que le « Channel » IT va se mettre au Cloud.

Et cela fait des années que je prends mes désirs pour des réalités!

En effet, malgré quelques success stories et effets de communication (cf les annonces prématurées des plateformes d’agrégation de services Cloud ArrowSphere et StreamOne…), ni les grossistes & les VAD (Value Added Distributors), ni les revendeurs & les VARs, ni les intégrateurs fonctionnels & les ESN,  n’ont vraiment embrassé le Cloud à ce jour.

Quant aux nouveaux acteurs pure players du Cloud Service Brokerage, on en est encore loin de leur déferlement en France.

En dehors de quelques grosses sociétés de conseil comme Accenture, Capgemini ou (très timidement) IBM GBS, je n’ai « vu » en 2014 que peu de vrais Cloud Service Brokers (CSB) à la Appirio, Cloud Sherpa ou Revevol… Bien sûr, je peux citer quelques exemples comme Nuageo, Infortive ou Appvizer, mais, bon, pour le moment, c’est plutôt du « menu fretin »!

Et pourtant, je crois que 2015 sera l’année du Cloud pour le Channel IT, et ce, pour une raison fondamentale: Les VARs, Intégrateurs et autres ESN sont désormais entraînés vers le Cloud par leurs grands fournisseurs historiques (les « vendors », dans le jargon IT). Ces derniers sont tous (ou presque) en train de faire leur vrai « Coming Out Cloud » (avant, c’était de la communication!).

  • Les constructeurs comme IBM se débarassent des serveurs Intel qu’ils « remplacent » par du « bare metal » et des VMs dans les datacenters de SoftLayer.
  • Les gros éditeurs de logiciels d’infrastructures (IBM, Oracle, Microsoft…) commençent à vraiment intégrer la dimension SaaS dans leurs offres et dans leurs programmes partenaires
  • Les éditeurs majeurs d’ERP et autres applications pour les PME tels que Cegid, Sage, Divalto, EBP, Microsoft… se mettent enfin sérieusement au SaaS dans le Cloud.

2015, le cercle vertueux démarre.

Comme d’habitude, les VAD et leurs clients, les « revendeurs » (VARs, intégrateurs, ESN…) vont suivre les Microsoft, Sage et autres IBM qui déploient leurs programmes d’accompagnement à la « transformation numérique » (donc vers le Cloud) de leurs partenaires historiques… tout en recrutant de nouvelles races de partenaires… ce qui va aussi faire décoller les CSB pure players.

Malheur à ceux qui resteront sur le bas côté. 

Et je parle là encore plus au niveau des « vendors » qui resteront frileux dans leur mutation cloud, car leurs « revendeurs », eux, vont rapidement créer leur catalogue d’offres et de services Cloud/SaaS et compléter les briques IaaS/PaaS/SaaS de leurs fournisseurs principaux.

Et pour cela, on peut compter sur la force de séduction des Google, Amazon, SalesForce et autres pureplayers du IaaS/PaaS/SaaS qui déploient désormais leurs propres programmes en direction de « partenaires » de tous types.

Prédiction #2: Les MSP sont dans l’Oeil du Cyclone Cloud!

Je m’interroge sur l’avenir immédiat de ceux parmi les « Managed Service Providers » (MSP) qui ne ne sont donc pas des fournisseurs de solutions business (SaaS ou BPaaS).

Dans cette catégorie « fourre-tout », je mets tous ceux qui offrent des services managés d’infrastructures et/ou de plateformes (cloud ou pas cloud):

  • infogéreurs (avec ou sans activité d’hébergement propre)
  • hébergeurs (clients des datacenters ou avec leurs propres datacenters)
  • telcos
  • « petits » fournisseurs de IaaS/PaaS (petits par rapport à AWS, Azure, Google…)
  • VARs, ESN et intégrateurs d’infrastructures avec une activité d’infogéreur et/ou d’hébergeur

Encore en pleine transformation vers le Cloud, la plupart des MSP cherchent une position concurrentielle profitable et pérenne dans un écosystème Cloud en cours de bipolarisation entre commodité/masse et valeur/verticalisation/spécialisation.

On trouve désormais:

  • d’un côté, une poignée d’énormes CSP (Cloud Service Providers), fournisseurs d’infrastructures et de plateformes (AWS, Azure, Google, voire IBM SoftLayer et ?) qui font la course au gigantisme (webscale)… et auxquels s’accroche tout un écosystème de CSB, éditeurs, développeurs, consultants et autres infogéreurs Cloud;
  • de l’autre, une kyrielle de moyens, petits, voire très petits acteurs spécialisés/verticalisés, soit dans un métier, une industrie, un secteur, soit dans une catégorie de services cloud à très forte valeur ajoutée/expertise;
  • et, coincés au milieu… nos MSP historiques et les « petits » CSP généralistes naissants/ambitieux (eg nos champions du cloud souverain…)

En 2015, plutôt que d’essayer d’être positionné comme une alternative crédible aux titans, tout MSP qui se respecte va, sinon décider, du moins étudier sérieusement les options suivantes:

  • développer des services d’infogérance de Cloud hybride et s’adosser à un ou plusieurs mastodontes du IaaS/PaaS plutôt que de faire tout soi-même (eg du IaaS en mode « public »). En tant qu’infogéreur cloud, le MSP devient aussi Cloud Broker en intégrant les services d’un autre CSP dans ses propres services.
  • se spécialiser dans un ou deux secteurs/domaines et apporter un service d’infogérance et/ou hébergement de très haute qualité/performance/pertinence pour ce(s) secteur(s)/domaine(s). Le MSP devient alors un CSP « à valeur ajoutée » dédié à un ou plusieurs secteurs, industries, fonctions… Il peut bien entendu également s’adosser par la suite ou par design à d’autres CSP plus « industriels ».
  • plus risqué, car sans doute en rupture par rapport à son expérience et à sa position actuelle, acquérir des compétences plus « fonctionnelles » et « monter en valeur » vers la maîtrise des usages du cloud (vous savez, les « AMSS » du CAMSS : Cloud, Analytics, Mobile, Social, Security…).

La course est lancée pour les MSP. Les paris sont ouverts. Résultats 2015 en fin d’année!

Prédiction #3: Les Titans se battent à Mort pour attirer les Développeurs!

Entourés par quelques acteurs historiques du PaaS (Platform as a Service) et/ou des outils de développement, Amazon, Google, Microsoft, IBM (avec SoftLayer) et quelques autres aspirants (eg SalesForce…) continuent ou démarrent les grandes manoeuvres pour attirer sur leurs plateformes les développeurs de tout poil, qu’ils soient dans une Startup du numérique, un éditeur, une ESN ou une grande entreprise.

Je prédis que la guerre des titans pour l’eldorado des développeurs fera rage en 2015.

Par contre, je pense que, malgré la domination actuelle de AWS, les jeux ne sont pas faits.

En effet, tant Microsoft que Google ou IBM sont partis à l’abordage de tous les côtés. Ils rivalisent d’imagination pour offrir toujours plus à ces « Rockstars » du Cloud que sont les développeurs.

IBM, par exemple, se dépense (et dépense) sans compter pour:

  • promouvoir ses plateformes IaaS (SoftLayer) et PaaS (IBM Bluemix), tant auprès des grands comptes que des Startups et éditeurs;
  • surenchérir sur les offres de Google, Microsoft ou Amazon, en promettant par exemple jusqu’à 120K$ de services IaaS/PaaS à des Startups innovantes;
  • lancer sans relâche de nouveaux programmes tels que « IBM Global Entrepreneur for Cloud Startups« , « Watson for Ecosystem Program »…

Gageons que toutes ces initiatives auront au moins 3 effets sur l’écosystème Cloud:

  1. Soutenir le développement des Startups et des usages du Cloud
  2. Entraîner encore plus vite les grandes entreprises vers le cloud public (eg développer, tester, déployer des applis pour les « systems of engagement » et les « systems of insight »…)
  3. Pousser les MSP et les CSB à revoir leur position (comment jouer face au IaaS/PaaS « gratuit » et automatisé, quelle valeur apporter « on top » des grandes plateformes…?)

A ce propos, je n’ai pas encore bien vu la place du « Channel » dans la diffusion et l’accompagnement de ces offres auprès des développeurs.

Mais peut-être que c’est le Titan qui saura le mieux intégrer l’ensemble de l’écosystème Cloud dans la chaîne de valeur du Cloud qui sera en pole position pour gagner cette guerre des plateformes pour les développeurs et leurs clients internes et externes.

Au delà de 3!

Je me suis limité à 3 prédictions et n’ai donc pas évoqué plusieurs autres tendances 2015 qui vont impacter l’écosystème Cloud, dont, en vrac:

  • la puissance de l’économie des API
  • les grandes alliances (IBM-Apple…)
  • les technologies de rupture (Docker…)
  • les objets connectés (cf CES)
  • la montée des cybermenaces
  • l’essor des marketplaces

Je vous laisse parcourir les nombreux autres articles centrés sur ces tendances et d’autres qui feront le Cloud en 2015, par exemple en me « suivant » sur Twitter (@cluballiances, @aspaway ou @loicsim) ou sur LinkedIn.

Je vous souhaite une excellente années 2015, les pieds sur terre, la tête au dessus des nuages!

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About The Author
Loïc SIMON
Loïc SIMON
Depuis 2007, Loic accompagne les acteurs de l’écosystème IT vers le développement d’un business SaaS / Cloud. Il a créé le “Club Alliances”, le “Club Cloud des Partenaires” et le "Cloud Ecosystem Forum" où éditeurs, intégrateurs, infogéreurs, revendeurs, consultants... nouent des relations business et partagent expérience et expertise. Loic est actuellement détaché chez Aspaway, un MSP (Managed Service Provider) majeur, partenaire historique d’IBM pour l’hébergement d’applications de gestion critiques.
1 Comments
  • Louis Nauges
    7 janvier 2015 at 8 h 01 min

    Bonjour, Loïc,

    Un grand bravo pour cette analyse, très pertinente et forte.
    Les profondes mutations de notre industrie ne font que commencer et ceux qui n’accompagnent pas ou n’anticipent pas ces ruptures vont dans le mur, rapidement.

    Les efforts d’IBM dans ce domaine sont très importants, ses investissements aussi.
    En plus des trois leaders actuels dans le domaine des IaaS, AWS, Google et Microsoft, il n’y a pas de place pour beaucoup d’autres acteurs, industriels et mondiaux. IBM peut être le quatrième et ce serait une bonne nouvelle car l’augmentation de la concurrence est très bonne pour les entreprises clientes.

    Sur le troisième point, les développeurs, je pense que ce sera un sujet essentiel de la fin de cette décennie. Le renouveau des développements sur mesure dans les grandes entreprises, pour des applications vraiment cœur métier, va se produire, j’en suis persuadé. Ce sont les outils innovants PaaS qui seront utilisés, et l’offre fait des progrès fulgurants depuis 2 ans.

    Bonne année 2015,

    Louis

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