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A priori N°9 : Sans Cloud computing, point de salut
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A priori N°9 : Sans Cloud computing, point de salut

by Cloud Guru18 janvier 2012

Dans cette 9ème partie du livre blanc : « Des Nuages au Soleil » 10 a priori sur la distribution dans le Cloud Computing de Laurent Glaenzer (Lemon Operations), nous nous posons une question essentielle : peut-on envisager l’entreprise sans Cloud computing ?…

A lire la presse, à entendre les orateurs lors de la multitude de conférences sur le sujet : le Cloud Computing est le Tsunami de notre génération et rien n’y résistera.
Mais attendons-nous vraiment du Cloud qu’il devienne le seul et unique modèle qui régisse toute l’informatique ?
Quelle place lui accorder dans notre société ? Quelques pistes pour répondre.

NÉPHOPHOBIE OU NÉPHOMANIA ?

Louis Naugès est un inventeur de mots.
Le président de Révévol, revendeur de solutions Cloud, avait déjà fait la preuve de son talent en inventant le mot «Bureautique» dans les années 80. Aujourd’hui, pour caractériser les détracteurs du Cloud, Louis a inventé le mot de «Néphophobie» qui tire son étymologie du mot grec «Nephos» : le nuage.
Mais à la lecture du nombre impressionnant d’articles sur le sujet ( et nous ne faisons pas exception ! ) ou de conférences qui l’ont pris pour thème principal, on peut se demander si l’on ne devrait pas suggérer à Louis l’invention d’un autre mot qui fasse le pendant du précédent, celui de «Néphomanie» ou «Néphomania» !
Il est d’ailleurs étonnant de voir comment les choses se sont développées. Au départ, il y a avait des concepts assez éloignés. Un acronyme assez curieux d’un côté, le SaaS, qui faisait référence aux applications en ligne et celui de Cloud qui évoquait une optimisation des infrastructures informatiques centralisées par le biais d’une sorte de virtualisation étendue. D’autres mots sont apparus en capitalisant sur l’idée de «as a service» : Platform as a Service (PaaS), Infrastructure as a Service (IaaS), on parle de plus en plus de Business Process as a Service (BPaaS), etc…
Puis tout s’est imbriqué. Le SaaS, le PaaS, le IaaS, sont progressivement devenus des sous-ensembles du Cloud à telle enseigne que le National Institute of Standards & Technology (NIST) dans sa tentative de normalisation parle de «Cloud SaaS», de «Cloud PaaS», etc.. Tous ceux qui parlaient du SaaS il y a encore deux ans, ont étendu leur vocabulaire et endossent le vocable Cloud très largement.
Et voici qu’autour de ce mot, une armée de visionnaires se lève et fait du Cloud la panacée de notre industrie. Des associations comme EuroCloud se créent et font des propositions au gouvernement pour qu’il s’engage à investir massivement dans le Cloud ( notamment par le biais de sa propre administration ). Des groupes sociaux sont mis en place de toutes parts, on ne compte plus le nombre de salons et de séminaires sur le sujet, de nouveaux médias apparaissent, une multitude de livres sont publiés, Microsoft lance une campagne de communication dans Le Monde, les investisseurs en font un mot de passe, etc.
Un front de défense nationale s’établit à l’initiative de nos plus hautes instances gouvernementales, pour établir un datacenter public bien français, coordonné par Dassault, Orange, et Thalès ( et probablement des débats intéressants sur la gouvernance d’une telle initiative…)
Au final, toute entreprise digne de ce nom, tout revendeur, tout intégrateur se doit d’avoir une stratégie Cloud sous peine d’être relégué au rang de «traditionnel» pour ne pas dire de retardé. Et nous nous enfonçons profondément dans la pyramide de Maslow avec une question sous-jacente : peut-on survivre sans ?

LE CLOUD PASSERA T-IL ?

On a beaucoup dit ( nous l’avons dit aussi ) que le Cloud Computing était la révolution la plus importante que l’informatique ait connu depuis Internet. Il existe toutefois des différences majeures.
Tout d’abord, Internet est une technologie ou plus exactement un protocole : le fameux protocole IP ( Internet Protocol ) qui normalise la communication entre ( inter ) des réseaux ( net ) informatiques. Grâce à ce protocole, on a pu établir une toile ( web ) favorisant une communication par hyper texte ( Hyper Text Markup Language ou HTML ). On peut en situer plus ou moins l’origine, notamment grâce aux travaux du Cern.
Le Cloud Computing n’est pas une technologie, ni même une norme, c’est un concept. Un concept qui repose sur la stratification de technologies souvent relativement anciennes. Sa définition est née après coup sous l’impulsion d’organismes de normalisation – dont le NIST évoqué plus haut – à partir d’une appréciation plus ou moins consensuelle des acteurs impliqués. On ne peut pas en situer l’origine et certains diront même que la première application Cloud est née simultanément avec internet car il s’agit de la messagerie en ligne. Enfin, ses frontières sont mal délimitées avec d’autres solutions adjacentes comme les réseaux sociaux ou les sites web 2.0.

Comparaison Internet et Cloud Computing

Ainsi, pourrait-on dire, le Cloud n’est qu’une expansion naturelle d’internet favorisée par l’élargissement de la bande passante du réseau ( le contenant ) et le développement des langages de programmation ( le contenu ). Des expansions, il y en aura d’autres, dans l’intégration d’appareils non informatiques ( télévision, radio, véhicules en déplacement,.. ), dans l’intervention de systèmes «intelligents», dans la meilleure gestion de ce qu’on appelle maintenant «BigData», dans l’intégration de contenu et de l’application, etc. tant et si bien que le Cloud Computing est un terme qui ne perdurera probablement pas.
Alors le Cloud Computing n’est-il qu’un feu de paille ? Non. Mais c’est moins dans la technologie qu’il faut chercher la révolution que dans le mode de mise à disposition de l’outil informatique. Et c’est sous cet angle qu’il faut comprendre ce qui restera du Cloud.
Ainsi, ce qui restera du Cloud ce n’est pas un nom ni une technologie, mais c’est une informatique qui progressivement sort de son sanctuaire pour s’adresser directement à des utilisateurs opérationnels. Délivrés de la contrainte d’une infrastructure ésotérique, réservée aux seuls informaticiens, ceux-ci peuvent accéder à des applications prêtes à l’emploi par le biais de leur connexion internet.
Cette libération ouvre des perspectives gigantesques, notamment auprès des petites entreprises qui peuvent enfin accéder à des solutions métier à leur portée. Rappelons-nous qu’en France, celles de moins de 10 salariés représentent 99% du nombre total d’entreprises.

QUELQUES PISTES POUR POURSUIVRE

La première recommandation est de s’éduquer au Cloud Computing, au concept, aux solutions qui existent, non seulement en France mais aussi à l’international et plus particulièrement aux Etats-Unis qui continuent de montrer une certaine avance dans ce domaine.
La seconde recommandation est de consacrer du temps à l’évaluation d’opportunités dans le Cloud pour votre propre business. Soit pour proposer des solutions différentes à vos clients et vos prospects actuels qui stimuleront votre compétitivité, soit pour développer de nouveaux marchés dans d’autres segments ou vers des entreprises de taille différente, voire dans certains cas, vers le grand public. C’est vraiment le bon moment de remettre son business sur le métier pour affronter la prochaine décennie dans de bonnes conditions.
Enfin, s’il faut avoir le courage de dire «oui» au Cloud, il faut aussi dans certains cas avoir le courage de dire «non». Comme nous l’avons évoqué ici, le Cloud n’est pas une finalité en soit. Il n’a d’intérêt que s’il renforce une proposition de valeur auprès des clients. Dans les programmes que nous animons, il nous est arrivé de déconseiller à des entreprises d’aller vers le Cloud car leur démarche n’était guidée que par un effet de mode voire une demande des clients mais ne trouvait aucune justification dans l’amélioration de leur solution. La seule finalité qui doit nous guider est la proposition de valeur avec le souci dans le BtoB, d’augmenter le business de nos clients, de réduire leurs coûts ou d’améliorer leur mode opérationnel.
Et c’est sur cette dernière remarque que nous conclurons. Le Cloud est un concept, certes très prometteur mais nous devons rester circonspect. Comme tout concept, il risque de nous enfermer dans des règles artificielles décalées des besoins réels de nos clients. En dépit du «hype», gardons notre discernement pour regarder le Cloud non pas comme une finalité mais comme un moyen dont on sait qu’il ne cesse d’évoluer et nous sommes tous appelés à contribuer à cette évolution.

A lire également
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2ème a priori : la rémunération des partenaires est un problème.
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4ème a priori : Pas de place pour les services IT dans le Cloud
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6ème a priori : Avec le Cloud les applications locales ne sont plus nécessaires
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