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A priori N°7 : Le marché du Cloud Computing reste très marginal
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A priori N°7 : Le marché du Cloud Computing reste très marginal

by Cloud Guru15 décembre 2011

Dans cette 7ème partie du livre blanc : « Des Nuages au Soleil » 10 a priori sur la distribution dans le Cloud Computing de Laurent Glaenzer (Lemon Operations), il est question de l’importance du marché du Cloud Computing…

Le marché du Cloud Computing est-il largement surdimensionné ? Les chiffres publiés nous laissent souvent perplexes. Mais, comment mesurer le marché du Cloud ? Est-ce la totalité de l’industrie qui est remise en question ou une tempête dans un verre d’eau.

Quelques pistes pour nous éclairer.

La difficulté de la mesure

Lors d’une discussion récente, un partenaire faisait la réflexion suivante :

«D’après les analystes le marché du Cloud pour 2012 s’évalue à 20 milliards de dollars environ. Or le marché de l’informatique et des télécoms pèse 2 500 milliards de $. Autrement, le marché du Cloud Computing ne représente même pas 1% de ce chiffre… Pourquoi perdre son temps à parler de ce sujet alors que le seul marché des services informatiques est estimé à 271 milliards de $.»

Nous sommes confrontés ici à la difficulté de la mesure du Cloud Computing. C’est un peu comme Internet : quelle est la taille du marché internet ? On sent bien que la réponse n’est pas aisée car selon les angles, tout est internet et rien n’est internet.

La mesure du Cloud est ainsi confrontée à plusieurs difficultés.

  • Le périmètre, ou que mesurer ? Le nombre de serveurs qui hébergent des applications en ligne ? Les serveurs publics et les serveurs privés ? L’infrastructure internet des entreprises qui permet de se connecter au Cloud ? Les applications en SaaS ? Les solutions de programmation en PaaS ? En réalité, il est très difficile d’isoler les infrastructures qui sont directement liées au Cloud de celles qui ne le sont pas.
  • Quels revenus prendre en compte ? Ceux d’une année ? Ceux qui correspondent à la totalité du contrat ? Comment isoler les revenus récurrents des nouveaux clients ?

C’est pourquoi, plus que pour toute autre analyse, il faut être regardant sur ce qui est mesuré et comment lorsqu’il s’agit du Cloud.

Même les enquêtes qui indiquent le nombre d’entreprises utilisant des applications en Cloud restent assez peu fiables, car beaucoup d’entre elles ne savent même pas que déjà aujourd’hui elles en utilisent…

L’image du nuage n’évoque t-elle pas cette imprécision ?

 

Est-ce gros ? Est-ce petit ? 

Pour atténuer notre frustration, nous proposons une autre méthode, moins scientifique mais plus pragmatique, qui indique la force de l’impact du Cloud sur différents composants de l’industrie informatique.

Pour cet exercice, nous prenons comme base la valorisation totale du marché informatique et télécom établie par le cabinet Forrester Research soit 2500 Milliards de $ annuels.

 Impact du Cloud Computing sur les différents segments de notre industrie

 

  • Télécoms ( 885 milliards de $ ) : La bande passante étant le nerf de la guerre du Cloud, il y a tout lieu de penser que l’impact du Cloud sera ici de positif à très positif même si dans le même temps la concurrence sera de plus en plus exacerbée et les prix sous pression.
  • Equipement de communication ( 333 milliards de $ ) : Pour les mêmes raisons qu’au-dessus, l’impact devrait être important dans la nature des offres même si l’impact sur le chiffre d’affaires est difficilement quantifiable. Il est possible en effet que les entreprises se tournent plus largement sur des offres de réseau public au détriment de réseaux privés coûteux et complexes à entretenir.
  • Equipement informatique d’infrastructure, serveurs, stockage ( 150 milliards de $) : L’impact est ici considérable, l’objectif annoncé du Cloud étant de libérer les entreprises de cette infrastructure ( même si le Cloud Privé devrait contenir l’érosion ). Mais la consommation accrue de serveurs au niveau central et l’augmentation exponentielle des capacités de stockage qui seront nécessaires pour répondre aux besoins de «BigData» suggèrent une évolution positive. On pourrait ainsi parler de changement de mains et d’un mouvement de concentration des clients.
  • Equipement informatique utilisateur ( 250 milliards de $) : Indirectement le Cloud devrait favoriser la multiplication des plateformes utilisateurs ( tablettes, PC, smartphones ) au global et par personne. Il est difficile de dire si l’érosion actuelle des ventes de micro-ordinateurs est liée au Cloud, à l’arrivée des tablettes ou à la conjoncture économique, mais sur le long terme l’ensemble du segment devrait continuer de croître.
  • Applications ( 380 milliards de $ ) : Comme pour l’équipement informatique d’infrastructure, il s’agit là aussi du cœur du Cloud. Les revenus des ventes de licence devraient logiquement diminuer considérablement surtout dans les premières années de transition vers un mode de paiement à l’usage et les standards de prix devraient aussi chuter de façon importante. Espérons toutefois que le manque à gagner des premières années sera progressivement compensé par la récurrence et surtout par une expansion rapide du marché, surtout en direction des PME.
  • Services informatiques ( 291 milliards de $ ) : Ces services vont muer considérablement et aux services d’intégration ou de développement d’applications se substitueront des services plus opérationnels tournés vers les utilisateurs et démocratisés pour répondre aux besoins des petites entreprises.
  • Sous-traitance informatique ( 246 milliards de $ ) : Les grandes et moyennes entreprises devraient revoir leurs attentes en ce domaine puisque les besoins d’infrastructure seront moins importants, mais les petites entreprises nouvellement équipées devraient solliciter plus d’assistance.

Nous le voyons bien, même s’il est difficile d’en donner la pleine mesure, l’impact du Cloud Computing est pratiquement omniprésent sur tous les pans de notre industrie. C’est pourquoi nous pensons comme beaucoup d’autres que celle-ci est en train de vivre une mutation profonde, probablement la plus importante depuis l’arrivée d’internet dont nous venons de fêter les 20 ans.

 

Quelques pistes pour poursuivre

La première recommandation est de s’éduquer sur le Cloud. Nous venons de le voir, tous les domaines de l’informatique sont impliqués dans cette mutation. Et il est fondamental pour toute personne qui évolue dans ce domaine d’en connaître les enjeux. De nombreux médias et blogs traitent de ce sujet et donnent souvent des perspectives lumineuses.

A titre d’exemple, le grossiste Best’Ware propose des ateliers Cloud à l’attention des VARs, Intégrateurs, ISVs et l’AFDEL ( Association Française des Editeurs de Logiciels ) propose des formations à la distribution dans le Cloud à l’attention des Editeurs.

La seconde consiste à regarder ave
c circonspection les études marché faites par la quasi totalité des cabinets d’analyse (IDC, Gartner, Forrester, GFK, Markess, PAC,…) Le Cloud Computing est loin de son cycle de maturité donc les prospectives ( y compris les nôtres ) relèvent plus de l’intuition que de la science. Les enquêtes client donnent à cet égard peu d’éclairage car leur tendance est plus de constater le passé ou au mieux le présent que de définir l’avenir.

La troisième et dernière recommandation est de prendre acte du cycle dans lequel nous sommes. Notre industrie connaît traditionnellement plusieurs phases : des phases d’invention et d’innovation, et des phases de consolidation et d’exécution. Avec le Cloud, nous sommes clairement dans la première. Invention va de pair avec investissement. Tout ce que nous aurons investi en évaluation d’opportunités pour atteindre de nouveaux marchés et dans la mise en place de nouveaux modèles formera la pierre angulaire d’un business qui pourra nourrir notre croissance des vingt prochaines années.

A lire également
1er a priori : La distribution n’a pas sa place dans le Cloud.
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4ème a priori : Pas de place pour les services IT dans le Cloud
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