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3ème a priori : Au fond le Cloud, c’est du marketing
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3ème a priori : Au fond le Cloud, c’est du marketing

by Cloud Guru7 novembre 2011


Suite de la série des 10 a priori sur le Cloud Computing. Cette fois-ci, Laurent Glaenzer fait le tour de l’idée reçue selon laquelle le Cloud Computing ne serait que du Marketing…

Combien de fois l’avons-nous entendu cet a priori ! Et particulièrement auprès des acteurs de l’infogérance ou de l’infructueux ASP. Il est vrai que sur le plan technique, il existe des similitudes avec des technologies plus anciennes.

Mais le Cloud est-il d’abord une technologie ou un nouveau mode de mise à disposition des applications ? Que la crainte du changement ne nous aveugle pas sur les ouvertures nouvelles du Cloud. Quelques pistes pour nous éclairer.

 

UNE POSITION ENCORE MITIGÉE

Il y a un an environ, le grossiste Best’Ware a souhaité connaître la position de ses clients revendeurs vis à vis du Cloud. Il en est ressorti qu’environ 50% souhaitaient s’y intéresser ( ou bien avaient déjà commencé à s’y intéresser ) et 50% autres n’envisageaient pas de le mettre à l’ordre du jour de leur business. C’est déjà une évolution très forte par rapport à 2009 où l’accueil des revendeurs vis à vis du Cloud était très majoritairement réticent. Mais on peut s’étonner de la proportion de partenaires qui délaissent ce phénomène en dépit du «hype» gigantesque qui ne cesse d’emplir les médias.

A y regarder de plus près, la position des partenaires n’est pas aussi marquée entre les «pour» et les «contre». Dans les nombreuses conversations que nous avons eues au cours de cette année avec des VARs ou des intégrateurs, il apparaît que la définition du Cloud est encore mal comprise et encore moins ce qui le différencie de technologies qui l’ont précédé comme la virtualisation, l’infogérance ou l’ASP.

Ainsi, un grand nombre de partenaires ont mis leur site web à jour. Là où il y avait ASP, infogérance, ou virtualisation on remplace par Cloud Public ou Privé et le tour est joué ! D’autres, moins soucieux de leur image, n’ont rien changé mais disent à leurs clients qu’après tout ils font du Cloud comme Monsieur Jourdain faisait de la prose.

A leur décharge, la définition du Cloud reste encore assez floue.

Le National Institute of Standards and Technology (NIST) définit le Cloud Computing sur trois niveaux : caractéristiques, modèles de service et modèles de déploiement.

Cinq éléments sont retenus au titre des caractéristiques : service à la demande, accès par le réseau étendu ( internet essentiellement ), partage des ressources ( incluant la notion de «multi-tenancy» soit une seule instance applicative pour un grand nombre d’utilisateurs fussent-ils dans des entités différentes ), élasticité rapide ( incluant le provisioning ) et enfin, plus curieusement, un service mesurable ( activité du compte ).

Trois modèles de service, rebaptisés au passage : Cloud Software as a Service, Cloud Platform as a Service et Cloud Infrastructure as a Service.

Et enfin deux modèles de déploiement que sont le Cloud Privé ( qui inclue la notion de Cloud Communautaire ) et le Cloud Public.

Mais dans son préambule, le NIST prévient que «ces définitions, attributs et caractéristiques évolueront et changeront avec le temps».
Au final, nous ne sommes pas très avancés. Dans sa volonté consensuelle, le NIST a abouti à une définition somme toute très générique dans laquelle chacun peut retrouver ses petits.
Alors, finalement le Cloud n’est-il qu’un habillage marketing ? Mais alors comment expliquer l’engouement généralisé ?

 

UNE VISION PLUS QU’UNE TECHNOLOGIE

Nous pensons qu’à l’instar d’Internet, ce qui définit le mieux le Cloud ce n’est pas sa technologie mais sa vision. Et la vision du Cloud, nous semble t-il est portée par cinq éléments fondamentaux :

• L’absence d’infrastructure : Nicholas Carr dans son livre «The Big Switch» faisait l’analogie avec la disparition des générateurs électriques à l’intérieur des usines peu après la révolution industrielle. Pourquoi imposer aux entreprises une infrastructure informatique alors que celle-ci peut être gérée plus efficacement et plus économiquement de l’extérieur ?
• La démocratisation : l’absence d’infrastructure favorise un accès direct à l’utilisateur ou à l’entité opérationnelle qui devient capable d’exercer son choix par elle-même sans passer par la direction informatique. Elle favorise aussi un déploiement à moindre coût avec des standards de prix plus bas qui favorisent l’accès à un marché plus étendu.
• L’ubiquité : informations et applications deviennent accessibles de partout et à tout moment, indépendamment de la plateforme fut-elle un PC/Mac, une tablette ou un smart phone.
• La collaboration : les applications et les informations sont plus facilement partagées entre des groupes d’utilisateurs avec des niveaux d’accès hiérarchisés facilitant le travail en équipe y compris en absence de proximité physique.
• Le paiement à l’usage : une optimisation des resources qui sont utilisées en fonction des besoins et donc qui favorisent l’agilité et la flexibilité des tâches opérationnelles de l’entreprise.

Plus que du simple marketing, moins qu’une véritable réalité, voici la vision du Cloud vers laquelle tous les acteurs veulent converger.

De tous ces éléments, c’est certainement le premier qui est le plus controversé à la fois chez les constructeurs, chez les intégrateurs et chez les clients. Comment accepter l’idée que le cœur de l’informatique puisse être externalisé ? Pour les clients c’est un peu vendre son âme au diable. Pour les fournisseurs et les intégrateurs c’est vider la piscine des profits…

Le Cloud Privé fonde grandement sa proposition sur des facteurs psychologiques liés à des questions de sécurité, de contrôle, de confidentialité et de responsabilité. Il y a certainement une part de vérité, il y a aussi une grande part de «FUD» ( Fear, Uncertainty, Doubt ) entretenu plus ou moins intentionnellement par ceux qui ont un intérêt à ce que les entreprises conservent leur infrastructure.

On comprend bien ce que cette vision a de disruptif et de fait, c’est certainement la révolution la plus importante que l’informatique ait connu depuis l’avènement d’internet. C’est pourquoi tant de revendeurs expriment une réticence naturelle vis à vis du Cloud comme toute résistance au changement. En 1998, le Dr. Spencer Johnson dans son livre «Who Moved My Cheese ?» ne faisait-il pas état de notre appétence au changement…lorsqu’il s’agit de l’autre !
Et pourtant ceux qui ont endossé cette vision savent rapidement identifier des opportunités encore largement inexploitées pour étoffer leur business.

Que dire d’Overlap qui a décidé d’investir massivement dans le Cloud et de prendre des positions clé dans le domaine collaboratif, prolongeant ainsi naturellement sa présence au sein des grandes entreprises en s’engageant progressivement vers la gestion des organisations ?

Quelle magnifique opportunité pour CFAO Technologies de pouvoir proposer des solutions de comptabilité en ligne dans les pays africains pour des entreprises qui, de toutes façons, n’auraient jamais investi dans une infrastructure informatique !

Que penser enfin de CIS Valley qui compte proposer des offres d’externalisation du système d’information en une heure là où il fallait près de 3 semaines pour mettre en place une infogérance ?

Ce sont là quelques exemples parmi d’autres d’entreprises qui ont su devancer les changements inévitables de l’informatique pour prendre une position clé pour la prochaine décennie. Comme dans la réalité, les nuages sont une menace lorsque l’on est au-dessous. Ils n’empêchent pas le soleil de briller lorsque l’on est au-dessus.

 

DEUX PISTES POUR SURVIVRE DANS LE CLOUD…

Notre première recommandation concerne l’éducation naturellement. Il est fondamental pour tout partenaire comme pour tout fournisseur de comprendre les perspectives et les enjeux du Cloud. A cet égard, nous ne pouvons que saluer l’initiative menée par le grossiste Best’Ware : un «Transformation Lab» sur deux jours ( et que nous avons l’honneur d’animer ) permettant à tout VAR/Intégrateur/ISV de s’imprégner des ouvertures du Cloud et de construire sa propre stratégie. C’est un programme qui est donné régulièrement et qui a déjà été suivi avec succès par un grand nombre de partenaires.

Notre seconde recommandation est d’aborder le Cloud avec un regard positif tout en étant réaliste. Oui, cette vision est porteuse de nombreuses opportunités et pour être bref nous n’en citerons qu’une seule : l’ouverture sur les petites entreprises. Rappelons-nous qu’au cours des 30 dernières années, la majorité des VARs et des intégrateurs se sont adressés à des entreprises comprenant plus de 100 employés, soit 0,4% du nombre d’entreprises en France !

Le Cloud présente une réelle opportunité de proposer au 99,6% d’entreprises restantes des applications grâce auxquelles «elles auront tout d’une grande». Pour le revendeur/intégrateur, choisir cette opportunité c’est au préalable analyser le coût d’acquisition du client et chercher à l’optimiser de telle sorte que la marge puisse être maintenue voire renforcée sur un marché plus volatile.
C’est un peu réinventer son métier.

A lire également
1er a priori : La distribution n’a pas sa place dans le Cloud.
2ème a priori : la rémunération des partenaires est un problème

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