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10 « ex bonnes pratiques » à abandonner – 1
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10 « ex bonnes pratiques » à abandonner – 1

by Cloud Guru3 février 2014

…et 10 bonnes résolutions pour 2014

En ce début d’année 2014, je vous souhaite à tous une excellente année, pleine d’innovations dans la construction de votre Système d’Information  en s’appuyant sur la R2I, Révolution Industrielle Informatique.

article5_1Dans ce premier texte, je vous propose d’identifier 10 « ex bonnes pratiques » qui sont devenues, aujourd’hui des « mauvaises pratiques ». Votre première, et difficile résolution, sera de prendre la décision d’abandonner définitivement ces mauvaises pratiques.

Il faudra ensuite identifier les « nouvelles bonnes pratiques » à mettre en œuvre à partir de 2014. Ce sera fait dans la suite de cette série.

Important : je ne porte pas un jugement de valeur sur ces « ex bonnes pratiques » ; elles avaient leur raison d’être, hier.

Aujourd’hui, dans un monde informatique qui a profondément changé, elles deviennent des freins dangereux qui bloquent l’innovation et la performance des Systèmes d’Information.

J’ai classé ces « ex bonnes pratiques » en quatre familles :

  •     Postes de travail : 1, 2 et 3
  •     Serveurs : 4
  •     Applications, usages : 5, 6, 7 et 8
  •     Management : 9 et 10

1 – Postes de travail obèses, PC 100 % wintel

Depuis le début des années 1990, les postes de travail PC Wintel (Windows-Intel) ont dominé l’informatique des entreprises. Pour un grand nombre de responsables informatiques, la réponse à toute demande était : une application qui fonctionne sur un PC Wintel, avec un écran de 15 pouces ou plus.

Nous sommes maintenant rentrés dans l’ère Post PC. Ceci ne signifie pas que les PC Wintel vont disparaître ; ils vont simplement devenir une plateforme parmi beaucoup d’autres, smartphones, tablettes, chromebook…

2 – Master PC

La gestion de ces PC Wintel était devenue un enfer pour les responsables informatiques. Leur réponse a été de créer un « Master », une version unique du PC pour tous les collaborateurs de l’entreprise, quels que soient leurs métiers ou leurs besoins.

Image mastériser PC

Les entreprises ont compris que l’efficacité de ce Master PC n’était qu’une illusion, une coûteuse illusion.

3 – Suites bureautiques obèses

Entre les années 1990 et 2000, Microsoft a gagné deux batailles majeures, qui ont été à l’origine de sa spectaculaire réussite  :

  •     Celle du poste de travail Wintel, évoquée ci-dessus.
  •     Celle des suites bureautiques avec Office et ses formats propriétaires, ne laissant que des miettes aux concurrents comme IBM ou OpenOffice.

Malgré leur gratuité, les solutions Open Source n’ont jamais pu s’imposer et ne le feront jamais. Après 20 ans de bons et loyaux services, il est temps de mettre ces suites bureautiques obèses dans des maisons de retraite, pour leur permettre de finir leur vie dignement.

En résumé : suite bureautique = machine à écrire du XXIe siècle.

4 – Clouds privés

Il s’agit là d’un cas différent : une « ex bonne pratique » qui commence à peine à se mettre en place et qu’il est urgent de tuer avant qu’elle ne fasse des dégâts monstrueux.

Je suis assez confiant sur ce sujet et j’espère que l’expression « Cloud Privé » aura disparu de notre vocabulaire dans les 2 à 3 ans qui viennent.

5 – Solutions intégrées

article5_2Intégré, Intégration, intégrateur… tous ces mots sont omniprésents dans le vocabulaire des informaticiens.

Encore une illusion qui disparait : celle qu’un fournisseur, une solution puissent répondre à tous les besoins d’une entreprise. C’est une option raisonnable pour les TPE, les métiers très standardisés tels que les notaires ou les dentistes, mais cela n’a aucun sens pour les entreprises. Plus elles sont grandes, plus cette illusion est dangereuse et c’est pourtant les très grandes organisations qui ont cherché pendant très longtemps ce Saint Graal de l’intégré.

Intégré : un autre mot à rayer de votre vocabulaire en 2014.

6 – Unicité des solutions

article5_3Cette quête de l’unicité a été universelle dans l’informatique pendant ces 20 dernières années. On l’a déjà évoqué pour les postes de travail Master, les suites bureautiques…

Cette lubie de l’unicité touche aussi les logiciels : le même programme de paie pour tous les pays, le même logiciel de décisionnel pour tous les utilisateurs, une seule solution de gestion de projets, qu’ils concernent 5 personnes ou 500…

Nous vivons dans un monde extraordinairement varié, et c’est ce qui en fait la richesse et la valeur. L’informatique restera-t-elle le dernier bastion de ce mythe de l’unicité ?

Je compte sur vous pour que cela ne soit plus le cas…

7 – Le tout ERP

Popularisés dans les années 90, les ERP, et en particulier les deux leaders, SAP et Oracle Applications, sont omniprésents dans la majorité des grandes organisations.

Et une illusion de plus qui fait « Pschitt » ! Comment l’idée saugrenue qu’un logiciel puisse répondre aux besoins de milliers d’entreprises, quel que soit leur secteur d’activité, pour toutes les fonctions, financières, RH, commerciales… ai pu être « gobée » par des dirigeants raisonnables et des DSI restera toujours pour moi un grand mystère.

En 2014, il faudra manier le bistouri informatique avec dextérité pour, composant par composant, élaguer les ERP installés d’un maximum de fonctionnalités qui peuvent être confiées à des solutions SaaS (Software as a Service) industrielles.

8 – Applications Client / Serveur

Avec l’arrivée du PC Wintel roi, les entreprises ont déployé des logiciels dont une partie des fonctionnalités étaient déportées sur ces PC, l’autre partie restant sur des serveurs.

L’impossibilité de gérer proprement des centaines d’applications C/S sur des milliers de PC est devenue tellement évidente qu’une majorité d’entreprises ont été obligées de réinventer le « client léger » en remplaçant ces applications Client / Serveur par des applications Serveur / Serveur, pour le plus grand bénéfice d’éditeurs comme Citrix.

La solution ? Comme mesure conservatoire, ne plus déployer en 2014 une seule nouvelle application Client / Serveur.

9 – Maîtrise d’Ouvrage, Maîtrise d’Œuvre (MOA / MOE)

Cette invention française n’a heureusement pas franchi les frontières de l’Hexagone, mais ses dégâts en France ont dépassé ceux des plus grandes tempêtes de ces dix dernières années.

La décision à prendre pour 2014 est simple : plus aucun nouveau projet informatique ne sera piloté par la démarche MOA / MOE.

10 – Schémas directeurs

C’est une autre spécialité française, avec un « pôle d’excellence » dans le secteur public : élaborer le « schéma directeur » de son Système d’Information, avec un horizon de planification qui approche souvent les 5 années.

Dans un monde imprévisible, où les entreprises, les technologies, les attentes des utilisateurs internes et externes changent de plus en plus vite, cette vision « cartésienne idéale » de ce que devrait être un Système d’Information dans plusieurs années est une utopie dangereuse.

En 2014, tous les budgets qui avaient été alloués à des schémas directeurs sont annulés ; on trouvera beaucoup de projets innovants qui pourront profiter de ces ressources libérées.

Situation actuelle des entreprises

article5_4La majorité des entreprises ont, bien entendu, et depuis longtemps, abandonné ces « ex bonnes pratiques » !

Pour celles qui ne l’auraient pas encore fait, il est possible de réaliser un diagnostic rapide sur le niveau d’obsolescence de son Système d’Information, en comptant un point pour toute « ex bonne pratique » qui est encore en vigueur dans votre entreprise.

  • 3 points ou moins : bravo ! Vous êtes sur la bonne voie, continuez.
  • Entre 4 et 6 points : vous avez fait une partie du chemin. Vous pouvez rejoindre, en 2014, le peloton de tête des entreprises performantes en continuant vos efforts.
  • 7 points et plus : alerte ! Vous avez devoir mettre les bouchées doubles en 2014 pour tenter de remettre à niveau votre Système d’Information

Louis Naugès
Depuis plus de 30 ans, Louis Naugès aide les entreprises à mettre en œuvre les solutions
innovantes du monde de l’informatique.
Avec Revevol, créé en 2007 et présent dans plus de 10 pays, il accompagne les entreprises dans
leur migration vers le Cloud Computing, les solutions SaaS, Software as a Service, prise en
compte de la mobilité et des attentes des «digital natifs». Il est le père du concept de R2I,
Révolution Industrielle Informatique, la plus profonde mutation que le monde de l’informatique
ai jamais connu.

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Cloud Guru

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